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Bras de fer avec le ministre sur deux visions de la fonction publique

« Les représentants syndicaux n'ont pas compris la violence avec laquelle le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin s'en est pris au maire de Sceaux », se sont émus les représentants CFTC à la sortie de la réunion du Conseil commun de la fonction publique (CCFP), le 10 juillet dernier.

Le maire de Sceaux prononçait en effet son discours sur les réformes à venir pour la fonction publique en sa qualité de président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. Un discours qui a manifestement déplu...

Les représentants syndicaux n'étaient pas les seuls à ronger leur frein après les annonces médiatiques sur les réformes imposées aux fonctionnaires. Car, ce 10 juillet, c'est réellement une vision alternative pour la fonction publique qu'a défendue le maire, Philippe Laurent au titre du CSFPT.

Rejetant la « critique récurrente, et le plus souvent caricaturale, en direction des collectivités, de leur organisation et de leur gestion », il a indiqué que les fonctionnaires « travaillaient autant que les autres salariés, même si c’est selon des modalités spécifiques, liées aux contraintes et astreintes propres au service public ».

Il a cependant appelé, en sa qualité d'employeur territorial, à la plus grande vigilance dans les réformes à venir, notamment fiscales et souligné l'impact financier de la mise en œuvre du dispositif PPCR. « La baisse des dotations, des normes de plus en plus exigeantes, de nouvelles réglementations imposent aux collectivités une grande rigueur et pénalisent parfois des projets d'investissement », a-t-il souligné en demandant des évaluations. Avant d'ajouter : « dans ce contexte, il est facile sinon intellectuellement paresseux de penser que les agents, la fonction publique, la masse salariale sont la variable d'ajustement de l'action locale ».

C'est ainsi que Philippe Laurent s'est fait critique sur l'approche « purement statistique des questions de fonction publique » sans lien avec les « entreprises de main d'œuvre » sur des missions techniques, sociales, scolaires ou de proximité, que sont les collectivités territoriales.

Invitant à « dire quelle société l'on veut et quel type de services publics pour y tendre », il a souligné tant l'inquiétude des organisations syndicales que celle des employeurs territoriaux.

Il s'est en revanche offusqué de la « déconnexion du point d'indice » entre l'État et les collectivités. « Ce sont en effet les principes d'unité et d'égalité de la fonction publique qui seraient mis à mal. Les mobilités, souhaitées par tous et développées ces dernières années, seraient rendues plus difficiles... », illustre Philippe Laurent en souhaitant une réflexion sur la méthode et le traitement de priorités :

  • les filières en situation de tension ou de crise (ingénieurs, médecins territoriaux, enseignement artistique...),
  • les difficultés de recrutement de certains cadres d’emplois qui mériteraient plus de reconnaissance « compte tenu de leur rôle social et humain », comme les Atsem,
  • le maintien dans l’emploi des agents exerçant des métiers pénibles - en deuxième partie de carrière,
  • la précarité de nombreux agents « même titulaires » en catégorie C,
  • la question de la portabilité de certains droits (CPF, CPA...) pour les agents publics, etc.

Regrettant le manque de concertation, notamment sur la semaine scolaire, le président du CSFPT a déploré « la précipitation, l'approche unilatérale du sujet et l'absence de consultation préalable des acteurs majeurs ».

Un discours vivifiant mais très mal perçu par le ministre...

 

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CSG, rémunérations, journée de carence, suppressions de postes : les fonctionnaires face à l'austérité

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