Police de proximité au quotidien : un projet dévoilé petit à petit

Confirmée début juillet par le Premier  ministre, le projet de création d'une police de sécurité du quotidien est progressivement dévoilé. Si celui-ci doit aboutir à l'automne, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb a déjà annoncé qu'il en souhaitait la mise en œuvre dès 2018.

Cette police du quotidien devrait être financée sur les 138 millions d'euros supplémentaires affectés en 2018 à la sécurité intérieure (police nationale et gendarmerie). Et les collectivités territoriales seront associées à sa mise en place...

Rien n'a vraiment encore percé sur la création de la nouvelle police de sécurité du quotidien. Il s'agira d'une police au contact de la population avec l'idée de « reconstruire des solutions de sécurité au plus près du terrain en lien avec les collectivités territoriales, en lien avec les associations de riverains, parce que ce sont des solutions de sécurité qui se construisent, et pas simplement des présences ou des occurrences policières ! », précisait le Président de la République devant les préfets, le 5 septembre.

Seulement, les annonces sur la création de 10 000 postes de policiers sur le quinquennat pour la gendarmerie mais surtout, pour la plus grande partie, pour la police nationale et la déconcentration des crédits « sécurité » dans les préfectures ne laissent rien augurer de la place qui sera faite à cette nouvelle police du quotidien.

138 millions d'euros supplémentaires (+ 1,9 % de budget) devraient être attribués aux services de police de l'État en 2018. Un engagement de près de 200 millions a également été pris sur les équipements, notamment immobiliers avec la rénovation de commissariats de police nationale. Mais qu'en sera-t-il de cette police de sécurité du quotidien...

Emmanuel Macron définissait d'abord la police de sécurité du quotidien par ce qu'elle ne sera pas : « pas le retour pur et simple à la police de proximité ».

« Vous savez mieux que moi, précisait le Président de la République aux préfets, que lorsque la police arrive à des heures dites, dans des lieux dits d’une manière toujours identique, l’efficacité est réduite. Lorsqu’elle est présente dans le terrain, parce que la menace a été identifiée, concertée au plus près du terrain avec les élus, les élus de quartier et les associations présentes, elle est plus efficace, elle construit des solutions plus granulaires, elle noue des contrats au niveau du quartier et elle construit une présence qui permet pour les uns, de dédramatiser la présence policière, mais qui permet aussi aux policiers de mieux, ou de plus intelligemment, contrôler celles et ceux qu’ils ont à connaître ! »

La « doctrine » sur cette police de sécurité du quotidien devrait émerger à l'automne pour être mise en application dès janvier prochain.

Car les expérimentations doivent être engagées dès le début d'année 2018. Plusieurs villes se sont déjà positionnées comme candidates pour mettre en place la police du quotidien. C'est le cas de Lille, Lens, Roubaix, Aulnay-sous-Bois ou Bezons...

Alors que le projet devrait être discuté et présenté plus en détail cet automne, le gouvernement lance dans le même temps une mission de réflexion pour une meilleure articulation des forces de police. « Un continuum des missions et responsabilités en matière de sécurité entre les différents acteurs que sont les forces de sécurité intérieure, les polices municipales et la sécurité privée sera engagée », prévoyait Gérard Collomb.

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