Marseille renvoie finalement à la négociation la révision du temps de travail de ses agents

L'introduction sans concertation préalable de la révision du temps de travail à Marseille, lors du comité technique (CT) du 15 juin, a fait sortir les représentants syndicaux de leurs gonds. Ainsi, les 15 représentants se sont soit abstenus, soit ont voté contre le projet municipal.

« Il est évident qu'il aurait fallu engager des discussions sur un dossier aussi important que le temps de travail des 13 000 agents marseillais », relève Ludovic Bedrossian, le représentant CFTC qui s'est abstenu en CT. « Après, la CFTC est favorable à une harmonisation du temps de travail entre les services... S'il est tenu compte des spécificités de certaines professions. »

Le tollé syndical a été à la hauteur de la méthode employée par l'administration marseillaise. La communication huit jours avant la réunion du comité technique du projet de révision du régime de temps de travail des agents, sans autre forme de concertation, a été vécu comme un passage en force.

Les agents marseillais bénéficient d'un régime annuel de 1 567 heures, maintenu lors de la réforme ARTT, comme l'a alors permis la loi. Cependant, certains services municipaux sont en dessous de ce seuil annuel. « La gendarmerie a récemment constaté que le service du Samu social travaillait un jour sur deux. Cela a suscité des articles de presse et la mairie a voulu réagir vite. Mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. D'autant que nous ne cessons de dénoncer le copinage, les réseaux et le traitement à plusieurs vitesses », prévient le responsable du syndicat CFTC de la ville.

Face à la vague de protestation, le 15 juin, la mairie a finalement décidé de retirer les deux dossiers relatifs au temps de travail. Et devrait engager une concertation avec les partenaires sociaux. « La CFTC demandait des négociations », reprend Ludovic Bedrossian. « Il est important d'harmoniser les règles, notamment dans des services comme les espaces verts, les cimetières ou les bibliothèques... Mais il faudra également prendre en compte les conditions de travail. Nous ne pouvons demander à un gardien d'équipement de travailler six jours sur sept parce qu'il bénéficie d'un logement de fonction ! »

Lors de l'intervention commune CFTC et CFE-CGC en comité technique, ceux-ci appelaient à l'engagement de négociations dans "un cadre formel et précis" avec une information très en amont, la signature d'une charte qui définirait le cadre et les moyens syndicaux, l'examen d'un outil généralisé de décompte du temps de travail ou la réglementation du télétravail...

Mais c'est sur les dérives que les deux syndicats étaient le plus critiques : « il est regrettable que la deuxième ville de France ne soit pas dotée d'une inspection générale des services digne de ce nom dont la mission d'audit, de contrôle et d'évaluation aurait pu permettre à l'administration d'anticiper et d'éviter ce type de dévoiement ».

« La question du temps de travail va également se poser avec davantage d'acuité dans certains services», alerte également Ludovic Bedrossian. «Avec le retour annoncé de la semaine de quatre jours dans les écoles, probablement pour 2018, quels seront les cycles de travail ? Et que deviendront les 3 000 animateurs qui encadrent aujourd'hui les temps périscolaires ? »

Pour le syndicaliste, la mise en place d'une pointeuse dans les services de l'hôtel de ville - notamment pour une question de sécurité, devrait amorcer la mise en place d'un système de gestion plus équitable du temps de travail.

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