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300 agents préfectoraux en grève face à leur transfert trouble vers la ville de Paris

cftc manif75 pp 10mai2017

Trois cents agents de la préfecture de Paris ont manifesté place du Châtelet à Paris, le 10 mai dernier, pour pouvoir influer sur le transfert qui leur est imposé vers la ville de Paris.

En l'absence d'avancées concrètes depuis plus d'une an pour les 2 100 d'agents concernés, l'intersyndicale CFTC, CGT, FO, SGPP à laquelle se sont ralliées la CFDT et l'Unsa pour l'occasion, ont été suivies par un personnel fortement mobilisé...

Les organisations syndicales représentant les personnels de la préfecture de Paris sont en colère. Alors qu'elles demandent à négocier depuis des mois sur les conditions du transfert des 2 100 agents préfectoraux vers la ville, les réunions se succèdent. Et dernièrement, la mairie de Paris a annoncé l'instauration d'une période transitoire (moratoire), jusqu'au mois de juin 2018 avant d'aboutir à un accord sur les conditions du transfert.

« C'est inacceptable ! », s'insurgeait Alban Jopek, le responsable du syndicat CFTC de la préfecture de Paris. « Les agents vont être transférés au 1er janvier 2018 sans que l'on sache quelle sera leur rémunération, leurs nouveaux cycles de travail et leur durée hebdomadaire de travail... Nous ne sommes pas opposés à revoir les cycles de travail et travailler plus longtemps... À condition que nous puissions en examiner les contreparties. Et la ville de Paris nous balade depuis des mois sans s'engager sur ces questions vitales, et très sensibles ».

Surtout, certains agents de la préfecture de Paris bénéficient d'un régime horaire de 32 heures 30 et de cycles horaires spécifiques leur octroyant jusqu'à 54 jours de congés et ARTT pour l'année. « C'est un acquis social qui a été obtenu à une époque où il a fallu choisir entre augmenter la rémunération des agents ou leur attribuer des jours de congés supplémentaires. Cette dernière solution a été choisie notamment du fait de la pénibilité du métier sur la voie publique », précise Alban Jopek.

Un transfert perdant

Mais, aujourd'hui, le transfert se jouerait dans un contexte de restructuration. La vingtaine de vigies parisiennes fusionneraient pour en donner six et le service de contravention est en cours de passation (délégation de service public) au secteur privé.

Dès lors, dans le cadre de ce transfert, les agents de la préfecture sont confrontés à la fois à une restructuration professionnelle et géographique de leurs missions, à un alignement probable de leurs conditions de travail sur celles de la ville de Paris, beaucoup moins avantageuses, et à une remise en cause de leurs compétences lors de leur intégration dans le statut parisien.

En effet, parmi les 2 100 agents concernés par ce transfert, 1 600 sont des agents de surveillance de Paris (ASP), c'est-à-dire des agents judiciaires adjoints dotés de la qualification APJA 21. Or, leurs statuts n'existent pas à la ville de Paris. Idem pour les préposés aux fourrières. Et les corps de reclassement possibles seront créés mais sans garantie de conserver les mêmes champs de compétences.

Le responsable CFTC souligne pourtant les enjeux majeurs qui restent en suspens : « lors des réunions, on nous présente le dispositif de détachement, les uniformes... Des choses que nous maîtrisons parfaitement au lieu d'évoquer les questions brûlantes du temps et des cycles de travail, du régime indemnitaire, des affectations. La ville de Paris joue la montre alors que nous demandons ces éléments depuis le début des négociation fin 2015. Mais on ira jusqu'au bout ! », promet Alban Jopek.

Ainsi, la réunion de suivi prévue le 10 mai n'a pu se tenir, désertée par les syndicats frustrés par l'absence d'avancée au vu de l'ordre du jour, reçu la veille. À l'issue de la grève, les représentants des organisations syndicales ont bien été reçus par le sous-directeur de la DRH de la préfecture. Mais il ne s'agissait là-encore que d'une séance d'échange, sans véritable élément concret.

Nous avons interrogé la mairie de Paris au sujet de ce transfert mais attendons toujours son retour.

 

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