bandeau fnact.com2017

La métropole du Grand-Lyon face au choc des cultures

Philippe POTTIERMésentente, désorganisation, transferts à marche forcée...

La création de la métropole de Lyon au 1er janvier 2015 s’est faite sur un malentendu avec une concertation anecdotique et l’absence de réflexion de fond avant d’acter la répartition des missions...

Lorsque il a été question de fusionner le conseil général du Rhône avec la communauté urbaine de Lyon, il s’agissait d’un mariage entre deux collectivités pour donner naissance à la métropole. Sur le papier, le projet était ambitieux mais il paraissait équilibré... Dans les faits, trois mois après le transfert des 4 000 agents du conseil général, il ne s’agit plus du tout d’une fusion.

Mais c’est la communauté urbaine lyonnaise qui a absorbé la majeure partie des services du conseil général par la communauté urbaine. Et dans cette histoire, ce sont maintenant les anciens agents départementaux qui ont le plus à perdre !

Gérard Collomb veut que cela aille vite et que tout soit rapidement opérationnel. Il n’a pas pris la peine d’examiner ce qui fonctionnait bien du côté de la communauté urbaine et du côté du département, pour garder le meilleur.  Un ordinateur pour deux agents Au contraire, l’organisation et le fonctionnement du Grand-Lyon ont été directement imposés aux agents du département. Non seulement, ceux-ci conservent leur régime indemnitaire généralement moins favorable qu’à la communauté urbaine mais leurs différents régimes horaires, très souples avec cinq cycles possibles, leur ont été retirés. 

Cela a aussi été le cas des prestations sociales très avantageuses du conseil général. L’impact de l’organisation urbaine aux services départementaux a surtout provoqué d’importants dysfonctionnements avec le blocage de décisions et une grande confusion dans les processus. Les agents départementaux qui étaient dans les services centraux sont noyés. Car le nombre de strates décisionnelles sont importantes avec à la fois un cloisonnement horizontal entre directions et vertical entre niveaux hiérarchiques de la catégorie C à A.

Ce n’était pas du tout le fonctionnement du conseil général, et les agents ne s’y retrouvent pas. Les conditions de transfert sont également souvent difficiles. Certains agents se partagent un ordinateur à deux, d’autres en sont à leur troisième déménagement, etc. Je tente de répondre sans cesse à ces situations aberrantes. Et que répondre à ceux qui nous demandent pourquoi les deux collectivités n’ont pas mieux anticipé ce regroupement ? De l’autre côté, au conseil général avec le départ de 4 000 agents sur 5 700, il y a eu une forte déperdition de compétences. Les nouveaux cadres qui doivent piloter les politiques départementales ont d’abord à monter en compétences, cela prend du temps, et nombre de décisions dans les services ne peuvent être prises.  Cela retarde et complique le fonctionnement des services alors que les recrutements attendus ne se concrétisent pas...

Les services à la population qui caractérisent les compétences du département sont en difficulté face aux attentes sociales et à la lenteur des décisions. Dépitées, les organisations syndicales du conseil général tentent difficilement de défendre les agents transférés tandis que celles de la communauté urbaine se sont saisis de ces questions... Mais que le dialogue est rompu. 

La grève du 23 mars dernier devait sensibiliser les élus de la métropole afin que les personnels passent au compte des pertes et profits.  Plus d’équité dans le traitement des personnels Il faut dire que le choix de boycotter les réunions des comités techniques pour protester contre la confiscation du dialogue social n’a pas permis d’engager de véritables négociations. De plus, les agents transférés ont réellement l’impression d’être mal reçus alors que ce sont ceux qui doivent fournir le plus d’effort pour s’adapter à ces nouvelles conditions de travail.

C’est pour cela que les manifestations de mars au sein de la nouvelle métropole de Lyon vont peser pour obtenir plus d’équité dans le traitement des personnels, et revenir sur les cycles de travail propres au conseil général ou le retour à des prestations sociales harmonisées vers le haut, l’augmentation également de la participation employeur aux prestations sociales de la métropole. Bien sûr, face aux besoins clairement identifiés aujourd’hui en matière de déficit de personnels, le recrutement immédiat sur des postes vacants paraît une priorité pour répondre à la désorganisation des services.

2015 devrait également être une année où la métropole encourage les agents mobilisés pour faire fonctionner cette nouvelle collectivité. Ainsi, l’application de ratios plus élevés pour l’avancement et la promotion des personnels serait un signe encourageant. Avec cette fusion des services, des élections professionnelles seront organisées le 11 juin au conseil général et le 3 novembre à la métropole. La CFTC devra alors tout faire pour conforter sa présence sur les deux collectivités !

 

Tribune de Philippe Pottier, responsable du syndicat CFTC du conseil général du Rhône

          Identifiant / mot de passe perdu ?   S'inscrire